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Nakunaru Academy

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 C'est un bon début. Ou pas ? [Lazille ♥]

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Message Sujet: C'est un bon début. Ou pas ? [Lazille ♥]   Sam 6 Aoû - 9:49







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W
orld is Mine.

Enfin, tu as ta chambre à toi, tu as l'impression qu'il ne t'est jamais rien arrivé de tel. Tu ressens tellement de sentiments en même temps, depuis que cette petite madame t'as donné les clés de ton antre exquise. Tu sens à la fois de l'excitation, de la joie, mais aussi un peu de peur. Pour toi, c'est l'inconnu. Tu n'as jamais vécue seule de toute ta vie, mais tu fuyais le monde. Maintenant que tu as ta part de liberté, tu refuses encore qu'elle soit à toi ? Ah ! Que tu es naïve ! Tu fais ta forte, mais en vérité, tu crains tout de même ce que tu te connais pas. De plus, tu t'apprêtes à y passer plus de trois ans, dans cette ridicule chambre que tu ne vois pas encore.

Malgré ta profonde appréhension, tu montes tout de même les grands escaliers de l'école qui mènent aux dortoirs de Nakunaku. En marchant, tu ne fais pas attention aux autres élèves agités qui bougent à droite et à gauche tel un troupeau de bêtes sauvages en cas de canicule en plein hiver. Non, tu penses juste à cette chambre, celle qui t'obsède depuis bien quelques minutes. Tu réfléchis déjà au mobilier, aux draps de ton lit, au désordre qui va s'installer plus vite que tout, et au bonheur de tout partager avec une amie. Pourquoi ? Parce que tu n'as jamais eu d'amis, voilà tout. Lazuli, c'est ton petit réconfort, ton rayon de soleil, celle pour qui tu ferrais tout.

Tu penses à ces gens qui partagent des chambres avec des inconnus. A leur place, que ferrais-tu ? Tu aimes faire la connaissance des autres personnes, sauf de là à partager une chambre avec Mr. X, quand même pas. Imaginons qu'il ait des coutumes bizarres, qu'il te réveille le soir pour prier avec lui ou tout un tas de choses totalement inconnues pour toi. Tu ne penses pas avoir des habitudes bizarres, bien que tu viennes d'une région extrêmement reculée de la Russie. Bien sur, c'est comme les gens qui ont des accents quand ils parlent : Il ne s'en rendent pas compte. Pour eux, c'est naturel. Sauf que pour les autres, c'est tordant. Leur accent obnubile l'interlocuteur.

Tu te parles à toi même depuis longtemps, sans te rendre compte que tu t'approches de plus en plus de ton dortoir. Tes petits pas raffinés s'accélèrent rien qu'à y penser. Tu t'imagines déjà glander dans cette pièce des heures durant en petite nuisette sexy, tout en bouffant des chips et en jouant à la console. Bien sur, c'est sans compter le ménage qu'il faudra faire tout les jours, le réveil brutal qu'il faudra éprouver chaque matin et … les bruits nocturnes. Ces trucs t'ont toujours effrayés, en fait. Surtout après un cauchemar. Tu sais que ton rêve ne pourra ce réaliser, et qu'alors il ne sert à rien de transpirer comme un porc et de flipper pendant au moins dix minutes avant de t'endormir. Cependant, tu n'aimes pas entendre des bruits pendant la nuit. C'est tout simplement … hors de ta portée. Tu ne peux pas t'empêcher d'imaginer des scénarios so dark à chaque petit craquement ou bruits de pas. Pourtant ici, tu seras servie. Il y a TOUJOURS du monde dans les couloirs. Dont tu fais souvent partie, aussi.

Ah ! Tu es devant ta porte. Encore si sobre, sans histoire. Sans rien en fait, on va pas débattre là dessus pendant des heures hein. C'est simple, elle a jamais servie. Non, jamais. Tu prends alors contrôle de ta main, qui jusqu'à maintenant, n'avait servie qu'a tenir fermement cette petite clé argentée toute neuve. Tu ne peux t'empêcher de frotter tes mains entre elles, comme à chaque fois que tu as les mains moites. Tu frottes, frottes, frottes, comme une gamine. Puis tu arrêtes, et regardes ces petits copeaux noirs, fruit de ton effort. En fait, tu te trouves complètement débile quand tu fais ça, mais tu aimes bien. Tu contemple avec satisfaction ta transpiration concentrés, comme si tu venais d'enfanter. Puis, tu te tapes les mains pour faire partir ces trucs dégueux.

Tu reviens alors au sujet principal : Ta chambre. Tu remarques alors que tes clés ne sont plus dans tes mains. C'est assez logique en même temps, parce que c'est physiquement impossible de frotter ses mains entre elles et de garder les clefs en son sein, hein. Tu regardes alors autour de toi, agacée. Mais comme par hasard, tu ne retrouves pas ces clefs. Tu regardes alors en dessous de toi, et soulèves tes pieds, prisonniers de tes bottes noires, tes favorites. Regarder en dessous de ses pieds, quel truc stupide. Comme si les clés allaient miraculeusement glisser sous la plante de tes pieds, totalement scotchées au sol. Un peu stressée, tu poses alors ton sac près de toi, pour éviter qu'il t'encombres dans tes recherches de clés. Tu aurais presque envie de coller des affiches pour clés disparues partout dans l'académie. Tu plonges tes mains des les poches de ton mini-short pour essayer de les retrouver, tout en contournant ton portable, par flemmardise. Rien. Tu sors alors difficilement tes mains de ces poches hyper-serrées. Tu regardes donc dans ton sac, bien que le souvenir de les avoir mis dedans te manque. On ne sait jamais, après tout.

Rien non plus. Tu commences à être saoulée, là. Attends, c'est quoi ce délire. Tu veux juste frotter tes mains pour ton petit plaisir personnel et tu perds les clés de ta chambre ? Bah putain ma fille, c'est bien parti, hein. Tu devras les garder pendant plus de trois ans, c'est à dire plus de mille quatre-vingts quinze jours, et tu les perds le premier. Tu es très douée, dis donc. Mais surtout ne demande pas d'aide, ça casserait l'image qu'on te donne, attends.

Tu sens la transpiration dégoutante couler et perler sur ton visage et sur ta poitrine. Tout le monde doit se demander qu'est- ce que tu fais, accroupie entrain de suer devant une porte de dortoir. Non, il ne faut pas mal le prendre, non.

Malgré ce stress ambiant qui flotte autour de toi, tu n'abandonnes pas. Tu veux retrouver ces foutues clés à tout prix. Tu retournes de nouveau tout ce qui t'entoure, par réflexe. Tu aimerais avoir un radar, quand même. Mais tu n'en as pas, alors tu te remets au travail. Tu cherches activement ce petit bout de fer autour de toi dans ce bordel que tu viens de créer en retournant ton sac devant toi. En fait, on dirait le marché. Un tas d'affaires étalées sur le sol, et des gens qui passent sans faire gaffe à toi.

Tu as envie d'exploser. Et de péter la gueule à tes clés. Enfin, si tu les retrouvais ce serait déjà un bon début, quand même. Sauf que toi, tu en as vite marre, en fait, petite feignasse. Alors tu te décourages et te remets à Dieu. Ou pas en fait, tu te remets à rien. Tu ranges vite fait toutes tes affaires dans ton sac, depuis t'assois devant ta porte, vexée. Enfait, ca t'énerves. T'as l'impression que tout s'acharne sur toi. Que tu es juste là pour souffrir. T'as juste envie de courir au bout du couloir et de sauter. Ou pas, t'es trop bien installée. Alors tu restes là, bras croisées, le regard blessé, et les sourcils froncés. Tu fais ton caprice, mais tu sais très bien que ca ne sert à rien. Tu t'en fous, tu crois que ca sert, alors tu restes comme ça, et c'est tout. Fuck you, fuckin' chambre à la con.

World is Mine. But my Key isn't.

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Message Sujet: Re: C'est un bon début. Ou pas ? [Lazille ♥]   Sam 6 Aoû - 11:58



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C'est ce qu'on appelle un Epic Fail.

«I finally learned it yesterday
Wouldn't be great if we could stay like this forever ?
»

    Tch. Quelle journée de merde. C'est bien pour ça que tu as horreur du vendredi : Trop près du week end pour être un vrai jour de cours, mais pourtant tout aussi long que toutes les autres journées. Toi, tu rêves juste de foncer pour aller jouer à la console, sans te prendre la tête, avec un verre de thé glacé entre les seins et de la musique à fond dans les oreilles. Seulement, foncer où, au fait ? Et là, c'est le drame dans ta tête.

    Traversant le couloir à toute allure, Lazuli épuisait tout son souffle dans une course effrénée contre elle même. Quelle conne. C'était bien aujourd'hui. Pourquoi se dépêcher alors qu'il n'y a pas d'heure fixée ? L'excitation, certainement. Oui, l'indépendance, ça se fête. Enfin, la brunette allait avoir sa chambre. Sa chambre à elle, bien séparée de celle des autres, à l'écart grâce à un outil merveilleux nommé le verrou. Et avec Ridda, s'il vous plait. D'un côté, l'adolescente sentait que ça allait être le kiff complet. Cependant, d'un autre, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de l'appréhension.

    Avoues-le. Tu as peur d'être seule, livrée à toi même. Tu n'as jamais été confrontée à tes responsabilités. Peu importe à quelle point tu haïssais ta mère, c'était toujours elle qui te nourrissait, te pourrait à faire ton ménage ou à vider ta poubelle. Seulement, maintenant, tu es seule, Laz. Tu joues la grande, pourquoi ne pas le devenir dans ce cas ? Bien sur, tu sais que tu peux le faire. Néanmoins, le changement est assez brutal, tout comme la découverte de ton don, ou ton arrivée à Nakunaru. Il suffit d'un seul événement pour changer le cours d'une vie du tout au tout. Du jour au lendemain. C'est ce qu'il t'arrivait : Tu es une grande fille, maintenant.

    Les marches paraissaient d'étendre sur des kilomètres devant toi. De plus, il y avait une foule pas possible dans les couloirs du Pavillon, où en fin d'après midi les filles parlent de choses et d'autres entre elles avant de rejoindre leurs petits appartements. Mais Lazuli ne les écoutait pas. Dans sa tête, plus rien n'avait plus d'importance que d'enfin découvrir cette putain de chambre qu'elle attendait depuis son arrivée ici. Elle n'entendait qu'un bourdonnement atroce, certainement la résultante de son anxiété pourtant réprimée au possible. Sérieux, quelle idée de faire un bâtiment si tortueux pour simplement foutre des chambres dedans ? Le regard vif, Laz guettait les chiffres inscrits sur les portes, à la recherche du numéro 7. Très concentrée, elle se mit à imaginer des scénarios plus qu'improbables, comme si on leur avait attribué une chambre inexistante et qu'elles allaient devoir dormir dehors pour le restant de leur scolarité, ou un truc du genre. Mais non.

    Ridda. Tu l'aperçois devant toi. Enfin,c'est surtout ses couettes de travers émergeant de sa tignasse noire que tu repères en premier, étalée sur le sol. Et là, c'est le blackout. Qu'est ce qu'elle fout, cette abrutie, au milieu de copies déchirées et de pochettes à fleurs toutes bouffées de partout ? Tu t'arrêtes. Sans t'en rendre compte, tu te mets à l'observer attentivement, ayant un peu peur de lui demander ce qui se passe. Tu aurais peur de la vexer, en fait. Ou de lui faire chier, au choix. Pourtant, les autres élèves n'ont aucunement l'impression d'en avoir quelque chose à foutre qu'elle serve de paillasson design mini short en cuir. Non, en fait, tu es certainement la seule a l'avoir remarquée, ce qui te rassure un peu : Au moins, elle se tape pas la honte. Et puis, ça doit être commun, si c'est tellement peu intéressant pour les autres. Néanmoins, tu te dis que pour Ridda, ça l'est peut-être. Qui sait, c'est peut-être un rite de chez elle. Hum. Nan, c'est trop pas Riri. Alors, motivée, les poings sur les hanches, tu t'avances énergiquement de ton amie,en prenant bien soin de te mettre dos aux autres élèves qui pourraient l'apercevoir en étant attirés par ta prise de parole. Au cas où quoi. Sur le coup, t'es méga fière d'y avoir pensé, tu te sens bonne amie. Même si elle va surement pas le remarquer, en fait.

    Hum. Yo machin, j'peux savoir pourquoi tu tapes la discutes aux acariens là ? Et la chambre, pourquoi tu l'ouvres pas ? KESSTUFOU OW J'SUIS PRESSEE MOI J'AI PEUR TU COMPRENDS.

    Subitement, Laz porta la main à sa bouche, comme si cela pourrait servir à baisser le son de ce qu'elle vient de dire précédemment. D'accord, elle avait parlé plutôt fort. Pour quelqu'un qui ne voulait pas attirer l'attention, c'est raté. Mais bon, au moins, même avec le boucan qu'il y avait autour d'elles deux, Ridda était sure d'avoir pu entendre la brunette. Cependant, après avoir porté un regard sur son entourage, Lazuli se rendit compte que personne n'avait tilté. Elle soupira intérieurement (en admettant que ça soit possible, bien sur) puis s'accroupit aux côtés de la petite russe. Celle-ci avait l'air tout simplement paniquée, pleine de sueur et vraiment au bord de la crise de nerf.

    Sur le coup, tu flippes un peu, tu dois l'avouer. Qu'est ce qu'elle peut bien avoir, celle là ? Malgré son état plus ou moins déplorable et sa position plutôt gênante, tu ne peux t'empêcher de la trouver mignonne comme ça. Si tu t'écoutais, tu l'aurais serrée dans tes bras. Mais bon, tu veux pas être couverte de sueur non plus, faut pas déconner hein. A en juger l'état du sol autour de ta Riri, tu en déduis qu'elle a du déballer son sac juste ici. Et il en a, des conneries dans son sac, et Dieu seul sait quand elle le range. Même pour la rentrée, elle ne le fait pas. C'est que ça devait être vraiment grave, en fait. Du coup, tu te mets à flipper encore plus. Ton anxiété, qui avait été calmée en la trouvant, vient de revenir au galop.

    Des paquets de bonbons. Des dessins plus ou moins réussis. Du chocolat fondu. Des bouteilles d'eau vide. Et même des sujets de devoir, tiens. Tout y est. Pas de toute, ce n'est pas le sac de quelqu'un d'autre qu'elle aurait kidnappé et éventré comme une sauvage. Bon, d'un côté, tu te demandes pourquoi Ridda aurait fait ça. Mais il faut bien envisager tous les scénarios possibles, quand même. Avide d'en savoir plus, et surtout au bord de péter un plomb après de vives réflexions qui te mènent dans un brouillard pas possible, tu te décides à questionner encore ton acolyte chérie.

    Et euh dis. Il y a pas un problème là ? C'est pas que t'as l'air ridicule hein. Juste voilà, t'es en train de montrer tout le dedans de ton sac à de parfaits inconnus. Tsé que ça fait partie de ta vie privé aussi ? C'est trop chelou venant de toi Didounette.


    En fait, Laz ne savait pas vraiment pourquoi elle venait d'appeler Ridda comme ça. C'était sorti naturellement. Les surnoms, c'est quelque chose d'inné chez elle. Surtout sur la russe, qui en a hérité d'une bonne quinzaine, suivis d'autres qui naissent chaque jour et vont grossir les rangs du ridicule. La brunette n'y peut rien. Elle ne pourra jamais s'empêcher de trouver sa meilleure amie trop mignonne peu importe ce qu'elle dit ou fait. C'est ça, Ridda : Elle ne peut tout simplement pas faire ça sans une raison. La fillette la divinise un peu, certainement. Cependant, celle-ci ne s'en rend pas vraiment compte. Pour elle, que ça soit un Fail ou pas, ça reste trop kiffant. Parce qu'elles finissent toujours par rigoler de tout ce qui leur arrive, en fait.


C'est ce qu'on appelle un Epic Fail. Why so cute ?

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Message Sujet: Re: C'est un bon début. Ou pas ? [Lazille ♥]   Lun 8 Aoû - 8:17







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T
u veux pleurer.

Tu rapproches tes genoux de tes bras croisés pour mettre ta tête dans le trou que tu as formé. Cette position, tu as l'impression qu'elle est là pour te défendre. Tu te sens en sécurité, comme ça. Comme si plus rien ne pouvait t'atteindre, hors du temps, hors de tout. Tu oublies tes problèmes l'espace de quelques secondes. Oui, en vérité, tu en as marre. Tu te trouves tellement stupide. Pourquoi est-tu tellement empotée, en fait ? Tu t'énerves à toi même, tu as envie de te tuer. Ton âme veut s'échapper, mais tu la retient entre des petits bras fragiles et tremblotants.

Oui, tu as compris que faire la tête ne sert à rien. Maintenant, tu désespères. Tu penses à Lazuli. Que va t-elle penser de toi quand elle apprendra que tu as perdu l'unique clé de votre chambre ? Tu te recroquevilles de plus en plus sur toi même. Tu veux montrer aux autres que tu souffres, pour te rendre intéressante. Tu ne sais pas pourquoi, mais tu as envie que les autres réagissent. Alors tu te griffes le bras pour ressentir de la douleur, pour culpabiliser. Tu es désolée pour ton amie, mais tu ne peux rien y faire, comme d'habitude. Alors tu restes ici, bras croisés, devant le reste de copies non ramassées qui s'étalent dans le couloir.

Alors tout doucement, comme si un mouvement brusque allait te faire perdre tout ton être, tu relèves la tête. Une véritable lutte. Toi même, tu ne sais pas pourquoi tu dramatises tellement. Au fond, ce ne sont que des clés. C'est refaisable. Mais pour toi, c'est comme si tu avais échoué une mission. C'est la fin du monde. Pour une clé, oui. Celle que tu as perdue comme une conne.

Tu ouvres les yeux, et regardes ce qui t'entoures. Les gens qui papotent, d'autres qui traversent le couloir à toute allure. Tu les vois les propres, si sans reproches, si honnêtes et si bons. Tandis que tu te sens comme une incapable, une misérable. Tu as laissé les yeux tellement longtemps fermés que tu as l'impression que le couloir a changé de couleur. Ça t'arrive souvent, ce truc. En temps normal, tu trouves ça drôle. Même parfois, tu t'amusais à le faire. Surtout quand tu était petite, en fait. Tu fermais les yeux pendant quelques minutes, puis tu les rouvrais. Tu voyais le monde d'une autre façon, comme un changement radical. Mais là, tu détestes cette sensation. A vrai dire, en ce moment, tu détestes tout. Tu as envie de claquer tout le monde, et de te crever les yeux.

Et là, c'est le drame. Tu tournes la tête vers la droite, tu tu aperçois une corne de pierre. Lazuli. D'un seul coup, tu rougis à en crever, et de la transpiration perle doucement sur ton visage. Tu ne te plains pas. D'un coté, tu sais que ce que tu vas endurer, c'est uniquement de ta faute. En fait, voir Lazuli était ce que tu redoutais le plus au monde. Tu crains déjà sa réaction. Tu sais pertinemment qu'elle ne sera pas fâchée, mais pourtant, tu stresses à l'idée de la rendre triste ou qu'elle soit agacée. Tu es gentille, Ridda. Tu ne veux que son bien, après tout.

Puis, tu la vois accélérer pour se rapprocher de toi. Un cauchemar. Ces quelques secondes te paraissent les plus longues de ta vie. Tu aimerais pouvoir disparaître de la planète d'un seul coup, et que personne ne se souvienne de toi. Sauf que tu ne peux pas. Tu es bien là, accroupie au milieu d'un couloir plein d'élèves remuants. To souffle s'intensifie. Tu aimerais être asthmatique comme ton amie. Tu aimerais que tes poumons souffrent le martyr pour te sortir de là, et qu'elle s'inquiète pour toi.

En une fraction de seconde, tu voilà projetée en plein cauchemar. Tu résumes la situation dans ta tête pour trouver la façon la moins stupide de l'annoncer à Laz'. Mais bien sur, pour arranger ton cas, elle se met à te parler. Comme si c'était fait exprès, quoi. Tant pis, tu réfléchiras après. Avant qu'elle ne commence son monologue, tu examines son visage avec une rapidité monstrueuse : Elle n'est pas stressée, elle à même plutôt l'air heureuse. Ou plutôt excitée, comme toi avant, après tout. Tu penses à son visage quand elle apprendra la nouvelle.

« Hum. Yo machin, j'peux savoir pourquoi tu tapes la discutes aux acariens là ? Et la chambre, pourquoi tu l'ouvres pas ? KESSTUFOU OW J'SUIS PRESSEE MOI J'AI PEUR TU COMPRENDS. »

Tu en étais sure. En fait, tu rigoles intérieurement, même si ton cerveau t'en empêche. Oui, Laz pouvait toujours te faire rire, quelle que soit la situation. Sauf que ce rire, tu ne le ressens pas. Tes jambes lourdes grouillent de fourmis, comme le dit l'expression. En vérité, tu ne les ressens plus. Tu n'aurais jamais du aller chercher ces clés. Sauf que maintenant, tu es cuite, ma jolie.

Qu'y à-t-il de si terrible dans ce que tu vas lui annoncer. Rien, soyons clair. Mais tu ne peux t'empêcher de réviser une autre fois ton « texte » improvisé. Tes sourcils se froncent et tes yeux se plissent, comme si tu ressentais de la douleur, alors qu'en fait, il n'en est rien. Rien du tout. Tu comptes intérieurement jusqu'à trois. Un, Deux … Tu cherches inexorablement à allonger le temps. Sauf que ce temps, il passe réellement.

Ah ! Tu l'impression que tu affrontes le boss final d'un Final Fantasy. En Low-Level, bien sur. Tu n'es donc pas préparée. Tu viens juste de finir un donjon des plus galères et te voilà maintenant contre ton dernier adversaire, qui aura bien sur trois formes différentes avec à chaque fois plus de Hps. Tu as l'impression d'avoir les lèvres cousues entre elles. Tu aimerais avoir l'altération d'état Silence, en fait. Sauf que non, tu as toujours un coéquipier pour utiliser une herbe d'écho ou Esuna sur toi, hein.

Tu crois que ton calvaire est fini et qu'elle ne dira plus rien, en te regardant avec des yeux de merlan fris pendant toute la journée. Sauf que non, elle revient à l'assaut. Sans que tu te sois fait un petit soin, bien sur.

« Et euh dis. Il y a pas un problème là ? C'est pas que t'as l'air ridicule hein. Juste voilà, t'es en train de montrer tout le dedans de ton sac à de parfaits inconnus. Tsé que ça fait partie de ta vie privé aussi ? C'est trop chelou venant de toi Didounette. »

Game Over. Ton équipe est tout simplement K.O. Pourtant, sa phrase n'avait rien d'offensante, en soit. Mais elle veut dire qu'elle attend des explications. Celles que tu redoutes tant à donner. Oui, tu souffres pour rien. Tu as l'impression d'être si fragile, si futile.

Alors tu sens tes yeux piquer. Cette sensation qui te donne envie d'exploser. Tu visage écarlate et tu le sens. Tes vaisseaux sanguins se collent entre eux pour avoir chaud, alors tu le ressens tout autant. Tu es en ébullition. Ton nez pique, mais tu n'as pas envie d'éternuer. Et là, le fruit de cette sensation arrive enfin.

Tu fonds en larmes. Des larmes illusoires, inutiles. Tu pleures à grosses goutes, tandis que ton corps se ramollit face à l'humidité. Pourquoi cela te fais-t-il tellement de mal ? Pourquoi pleures-tu ? Tu ne sais pas. Tu moins, tu n'arrives pas à le savoir. Tu es tellement stupide. Assise, entrain de pleurer pour des clés perdues. Comme une enfant de huit ans. Tes larmes transparentes qui s'écoulent le long de ton visage sans expression s'écrasent misérablement sur le sol. Oui, elles te font mal.

Tu lèves inconfortablement la tête. Tu regardes avec attention le visage de ton amie, sans réussir à résoudre son secret, pour une fois. Tu ne sais même pas si elle est inquiète. Tu penses qu'elle doit te trouver misérable et stupide à souhait. Pour une fois, tu te sens faible. Terriblement faible. Tes larmes fatiguent tes grand yeux bleus azur. Pourtant, malgré cette sensation (et le nez qui coule, soyons francs), tu ne bouges pas d'un pouce. Tu te perds dans les yeux verts hypnotisant de ton amie, comme si le temps ne passait plus.

Non, tu ne lui diras pas tout de suite. Même si le ciel s'écroule sur ta tête. De toutes façons, tu sais très bien qu'elle va le deviner toute seule au bout d'un moment. Pourquoi tu refuserais d'ouvrir la porte, si tu avais le clé ? Bah voilà, y'a pas de raison.

Tu attends qu'elle vienne te repêcher. Tu attends son salut, tu attends qu'elle te pardonne un crime que tu n'as pas avoué, une mission échouée alors qu'elle n'avait même pas commencée. Ton imagination est trop grande, ma petite. Tu ne sais pas définir clairement tes sentiments. Une simple clé égarée t'emporte dans les méandres de désespoir. Tu te sens seule, et tu attends la lumière.

Cette lumière, c'est Lazuli. Tu sais qu'elle trouvera une solution. Vous vous soutenez toujours l'une et l'autre. Votre relation paraît éternelle. A deux, vous pourrez toujours sortir des faux pas. A deux, vous battez le monde. A deux, tu te sens tellement plus puissante. As-tu à ce point besoin d'elle pour exister ?

Tu veux pleurer. C'est chose faite.

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Message Sujet: Re: C'est un bon début. Ou pas ? [Lazille ♥]   Mar 9 Aoû - 7:22



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No more mistakes.

«I was shivering alone with darkness and cold
When the light came I opened my eyes
You were smiling.
»

    Ces yeux. Tu les connais. Cette petite lueur que tu adores tellement, qui brille telle une petite étoile noyée dans l'océan de ses iris. Cependant, quelque chose cloche. Ce n'est pas comme d'habitude, et tu le sens. Étrangement, ton cœur se serre. Tu ne peux pas vraiment l'expliquer, mais la voir comme ça te touche un peu. Ta petite Ridda paraît si vulnérable, assise là, parmi plein de cochonneries, que tu pourrais presque lancer ton propre sac au sol et la serrer contre toi. Tu voudrais la rassurer, alors que tu ne sais même pas de quoi elle a peur. C'est ça, l'amitié. Être toujours là, quoi qu'il arrive. Pour que son visage redevienne serein, et que la petite étoile se remette à briller paisiblement.

    Autour des deux fillettes, le temps s'écoulait normalement, malgré le désarroi de la petite russe, que la brunette s'efforçait de déceler. Pire, les autres ne leur prêtait pas la moindre attention, continuant leur petite vie comme si ne rien n'était. Il faut dire que s'occuper des affaires des autres n'apporte que trop souvent des problèmes supplémentaires, dont on se serait bien passé. Néanmoins, Lazuli n'en avait strictement rien à foutre du fait que sa petite vie serait chamboulée à force d'aller vers les gens. Tout ce qu'elle voulait, c'était aider son amie. C'était comme si dans Metal Gear Solid, on laissait crever Meryl et Otacon. Où serait l'intérêt humain, merde ? Et puis, on aurait pas de récompense, non plus. Et ça, c'est la loose.

    Et puis, ce n'est pas pour recevoir quelque chose en échange que tu as mal pour elle. Non, tu n'es pas comme ça. Tu es une petite fouine, certes, mais parfois, on est bien heureux d'avoir une petite Lazuli qui se mêle de nos histoires, histoire de se dépêtrer ne serait-ce qu'un peu (ou s'enfoncer, au choix). Maintenant, ce sont tes yeux à toi qui deviennent tristes. Les quelques questions qui persistent dans ta tête se multiplient comme des petits lapins. Tu te sens mal. Aurait-elle peur de te dire quelque chose ? Ne te ferait-elle pas confiance ? Cette idée te glace le sang, ce qui a paradoxalement l'effet de chauffer tes petites joues. Tu as honte, et tu ne sais même pas pourquoi. À voir Ridda comme ça, c'était comme si on te disait que tu avais failli à la mission de la rendre heureuse. Parce que pour toi, c'était ton rôle. Tu te devais de l'épauler, coute que coute. Parce que c'est Riri, et que tu es sa Lazille.

    Soudainement, tu te demandes ce que serait ta vie à l'Académie si la Russe n'avait pas été là. Automatiquement, une petite nausée s'accroche à ton estomac, comme une petite souris mesquine qui attendait le bon moment pour se faufiler entre les pattes du gros chat. Non, cette idée était juste trop horrible. Sans elle, même si tu te sentais bien ici, tu n'aurais pas trouvé ta place. Grâce à Ridda, tu te sens importante. Au moins aux yeux d'une personne. Ses yeux te disent protégée. Soutenue. Aimée. Et ça, c'est un cadeau magnifique. Dans la personne de Ridda, tu trouvais tout ce que tes parents n'avaient pas vraiment pu être pour toi : Une famille. Une famille qui t'accepte telle que tu es, sans chercher à changer cette personnalité que tu affirmes fièrement. C'est pour cela que tu ne supportes pas la voir ainsi. Parce que le rôle d'une famille est de se soutenir, peu importe les épreuves qui font face.

    C'est plongée dans ses réflexions que la brunette se rendit compte que son amie n'avait pas répondu à ses questions. Peut-être en avait-elle trop fait ? Résignée, elle baissa la tête tristement. Et si Ridda ne voulait tout simplement pas lui en parler ? C'était une possibilité. Lazy se mit à réfléchir à toute vitesse à quelque chose qu'elle aurait pu faire de mal. Seulement, rien ne venait, ce qui la faisait se sentir encore plus coupable qu'elle ne l'était déjà. Alors l'adolescente restait là, sans bouger, à jouer au duel de regard avec le désespoir de sa meilleure amie, sans pouvoir rien faire. C'était à ce moment que Laz aurait voulu tout arrêter. Changer son poing en pierre, frapper dans le mur, attraper Ridda avec sa nouvelle force et s'enfuir loin de tout ces regards accusateurs qui pourraient se poser sur elles deux. Même si actuellement, ils ne faisaient pas attention à elle, cela pourrait bien devenir le cas, et faire encore plus de mal à son amie. Cependant, c'était impossible. Déjà, elle aurait pu avoir des problèmes. Et puis, ça serait complètement con, soyons franc, étant donné que leur chambre est juste là.

    Soudain, ton esprit jusqu'ici en mode veille tisse un semblant de lien entre les évènements. La chambre ? Mais pourquoi Ridda ne l'ouvre pas ? Mais tu n'as pas le temps de plus réfléchir. Tu entends un son qui stoppe toute ton activité cérébrale intense. Des larmes. Des larmes amères et brûlantes coulent le long du visage désespéré de ta petite Didou. De petits soupirs étouffés s'échappent de sa bouche, enfermés depuis de trop longues minutes tout au fond de ses poumons serrés par l'air chaud qu'elle respire entre ses bras. De longues secondes s'écoulent avant que tu ne te rendes compte qu'elle est en train de fondre en larme devant toi. Au ralenti, tu vois une larme s'échapper de son œil pour s'enfuir jusqu'au creux de sa bouche. Tu te sens comme dans un Shôjo. Le vent et le soleil couchant en moins, quand même. Mais c'est pas grave. Toute héroïne de Shôjo a un boulot. Tu ne réfléchis pas. A quoi ça servirait ? Ridda a besoin de toi, pas d'une théorie foireuse qui peut attendre.

    D'un geste brusque et rapide, Lazuli se précipita sur le sol, aux côtés de son amie, pour saisir son corps frêle entre ses petites asperges de bras. Bien sur, l'adolescente savait très bien qu'elle puait la cigarette. Mais elle s'en battait complètement. Tout ce qu'elle voulait, c'était sentir de cœur de Ridda se calmer contre le sien. Qu'ils battent à l'unisson, l'espace d'un instant, au milieu d'un couloir remplis d'autres élèves. Néanmoins, ça n'a pas d'importance. Le monde est noir et blanc. Et Lazuli voulait faire renaitre la couleur en elle, entourée de copies et de papiers de bonbons. Oui, ceci les représentait plutôt bien. Oui, elles sont parmi les autres. Oui, elles ont l'air banales. Mais elles font la différence. Elles ne font pas comme eux. Elles sont juste elles. Et le resteront pour toujours.

    Son souffle te chatouille le cou. Tu aurais presque envie de rigoler. Mais ça ne serait pas vraiment le moment, et casserait toute la magie de ton acte héroïque. Enfin, des câlins, tu en fais tout le temps, à tout le monde. Mais ce n'est pas une raison. Celui-ci, ce n'est pas une simple étreinte. C'est bien plus que ça. Tu la ramènes à toi. Non, tu n'es pas seule. Puis elle non plus, ne le sera jamais. Vous êtes comme Mario et Luigi. En plus canon, quand même. Ta petite main se dirige vers son visage. Sous l'émotion, tu constates que tes doigts présentent des parties minérales. Oui,c'est signe que tu as bien ta place à Nakunaru. Tu dois apprendre à maitriser ton Don comme il faut que tu te maitrises toi même. Pour y arriver, tu essuies alors d'un geste doux ces méchantes larmes qui ont envahi le visage de ta planche à pain. Sa peau douce effleure la roche de tes doigts, ce qui te donne de petits frissons dans le dos. Il faut que tu l'aides, Lazuli.

    Je suis désolée. Je ne sais pas ce que j'ai fait pas de mal, ou si j'ai même fait quelque chose de mal, mais sache que je suis là, je serai toujours là, dans les bon comme dans les mauvais moments, tu ne seras jamais seule. Tu es comme ma soeur, je pourrais pas me le pardonner si tu pleures par ma faute. Alors je suis là, tu vois. Tout le temps, même si tu flippes, faut me dire, parce que je suis prête à tout entendre, même si tu me dis que t'es en cloque même si je vois pas avec qui t'irais coucher hein. Enfin quoique si tu me disais ça d'abord j'serai vénère parce que tu m'as pas dit que t'avais une touche, sauf si tu couches avec le vendeur de pizza là encore ça serait genre tu le connaissais pas toussa et puis jor osef quoi. Enfin voilà, je veux pas que tu sois triste Ridda. Ça me rend triste, à moi aussi.


    Tu reprends doucement ton souffle, après avoir largué d'une seule traite plus ou moins clairement ce que tu as sur le cœur. Celui-ci te fait mal, tout d'un coup. Mais tu ne peux pas vraiment expliquer cette douleur. Ce n'est pas un simple pincement. Tu ressens bien plus que ça. Étrangement, tu n'arrives pas à expliquer tes sentiments à cet instant précis. Comme si tout s'était arrêté. Comme si vous n'étiez plus que vous deux, dans ce couloir du Pavillon, devant la porte de votre chambre. Soudainement, tu as mal un peu partout. Tes yeux te piquent. Alors, comme pour décharger le poids que ressens ton âme, les mêmes petites larmes que celles de ta Riri se mettent à couler sur tes joues froides. Vous êtes là, assises sur le sol gelé et sale, dans les bras l'une de l'autre, à pleurer comme des idiotes sans même savoir pourquoi. C'est beau, l'adolescence.


No more mistakes. 'Cause in your eyes I'd like to stay.

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Message Sujet: Re: C'est un bon début. Ou pas ? [Lazille ♥]   Mar 9 Aoû - 9:43







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T
u voudrais lui sourire.

Tes larmes coulent sans te le demander. Tu ne contrôles plus ton corps, il est perdu dans un torrent d'eau salée comme ces petits cristaux mouillés qui inondent ton visage à la peau si claire. Tes gémissements irréguliers ressemblent à un petit cochon que l'on abattrait. Qu'est-ce qu'elle doit penser de toi ? Elle doit sans doute t'en vouloir, ou te trouver débile. Parce qu'elle ne te reconnaît pas. Tu dois être forte. Pourtant, tu n'y arrives pas. Parce que tu ne sais pas toi-même ce qui te prend. Tu es étrangère à toi même. Ce sentiment que tu avais banni de ta personne en entrant à Nakunaru revient à l'assaut. Oui, tu n'est plus toi, tu es perdue dans ton cœur.

Cependant, une guerrière au cœur pur peut te délivrer. Elle se bat tant bien que mal pour atteindre le cachot scellé de la princesse déchue. Elle se bat contre le monde pour te venir en aide, mais toi, tu ne peux rien faire. Alors tu te sens terriblement ingrate. Tu es là, prisonnière de toi même, en comptant seulement sur l'aide de ton amie. C'est la définition d'un ami, sauf que pour toi, tu en fais trop. Tu abuses d'elle, alors tu culpabilises.

Tu crois qu'elle serait mieux sans toi, ce qui t'enfonces encore un peu plus dans ton cachot. Tu ne lui apporte que des merdes. Parce que cette fois, tu as failli à ta tache. Tu te devais d'être toujours là pour elle. Mais tu voilà complètement dépendante d'elle, comme une personne âgée sénile. Tu ne veux pas de cette étiquette, mais tu ne peux pas lutter. Alors tu affrontes douloureusement le regard fixant de Lazuli. De là où tu es, tu ne le vois pas. Mais tu peux sentir son aura bienfaiteur sur ton cœur. Oui, elle seule est capable de percer les ténèbres qui t'entourent.

Tes larmes ne cessent pas de couler. A présent, elle te font mal. Tes yeux lâchent et ta rétine brule sous le sel artificiel de tes pleurs d'enfant. Ton petit cœur crevé ne tient pas, et chaque battement te défonce la poitrine comme un coup de marteau. Ce coup, tu le ressens des pies jusqu'à le tête. Chacune de tes veines sentent le sang passer par paquet pour alimenter tes muscles qui font grève. Et cette sensation, elle te dérange. Tu contractes alors chaque muscle de ton corps pour utiliser cette énergie inutile. Tu ressembles à un petit cocon. Toute seule, enrobée dans un voile semi-transparent. Personne ne te vois, tu es invisible. Pourtant, dans ton cocon, tu as l'impression que tout les regards sont posés sur ta personne. Tu aimerais t'ouvrir, mais tu ne peux pas. Tu n'as pas accumulé assez de force pour devenir un papillon et fuir cet affreux corridor.

Cette force, tu ne peux l'acquérir seule. Tu as besoin de quelqu'un pour te la donner. Dans le cas contraire, tu t'éteindrais. Tu fanerais comme une rose, qui marque son empreinte grâce à sa senteur éternelle. Comme une vieille personne qui dirait adieu à ses proches. Cette force, tu à besoin de quelqu'un pour la puiser. Tu appelles donc à l'aide, d'un misérable cri étouffé par tes larmes. Ce cri que personne n'entend, sauf elle.

Tu fermes les yeux une dernière fois. Tu vas disparaître. Soudain, tu sens la peau de quelqu'un sur la tienne. Un contact que tu cherchais tellement. Celui dont tu avais tellement besoin pour t'ouvrir, on vient de te l'offrir. Et encore une fois, c'est Lazuli qui te l'as permit. Cette peau qui réchauffe ton petit cœur froid comme le néant. Ce cœur qui se réchauffe lentement bât inlassablement côte à côte avec celui de ton ami, l'espace d'un instant. Tu aimerais ne plus jamais bouger. Arrêter le temps pour rester comme ça toute ta vie. Dans ses bras frêles, tu te sens en sécurité, comme dans les étoiles. Tu te sens revivre, reprendre tout à zéro. Vous n'êtes plus dans ce couloir. Il n'y a plus personne, juste vous deux, parmi les étoiles, dans ce néant tellement réconfortant pour toi.

Tu t'agrippes à elle avec ta force restante. Tes petits doigts fragiles trouvent refuge en appuyant contre la peau claire du dos de ton amie. Tu aimerais tellement tout lui déballer, mais ta bouche est cousue par un fil invisible qui te sépare du monde réel que tu ne veux plus voir. Tu es synchronisée avec Lazuli. Tu as l'impression d'être elle. De pouvoir tout prévoir, de la connaître comme si elle était toi. Tu sens alors qu'elle s'apprête à parler. Tu vas entendre sa douce voix mielleuse si protectrice. Elle ne te veux que du bien. Tu te sens mal, tout à coup. Comment as-tu pu douter d'elle ? Comment as-tu pu croire qu'elle te faisait du mal ? Tu esquisses un léger sourire naïf, qu'elle n'aperçoit pas. Tu attends alors avec patience son discours, comme un petit enfant qui attendrait que sa mère lui raconte une histoire.

« Je suis désolée. Je ne sais pas ce que j'ai fait pas de mal, ou si j'ai même fait quelque chose de mal, mais sache que je suis là, je serai toujours là, dans les bon comme dans les mauvais moments, tu ne seras jamais seule. Tu es comme ma soeur, je pourrais pas me le pardonner si tu pleures par ma faute. Alors je suis là, tu vois. Tout le temps, même si tu flippes, faut me dire, parce que je suis prête à tout entendre, même si tu me dis que t'es en cloque même si je vois pas avec qui t'irais coucher hein. Enfin quoique si tu me disais ça d'abord j'serai vénère parce que tu m'as pas dit que t'avais une touche, sauf si tu couches avec le vendeur de pizza là encore ça serait genre tu le connaissais pas toussa et puis jor osef quoi. Enfin voilà, je veux pas que tu sois triste Ridda. Ça me rend triste, à moi aussi. »

Elle te régénère. Son discours fait apparaître en toi un sentiment inconnu du commun des mortels. Un mélange exquis de culpabilité, d'amour et de réconfort. Ça te fais terriblement du bien. Malgré le fait que tu l'aie blessée, tu sais voir derrière ses mots. Tu n'as même pas besoin de la rassurer, elle l'a déjà compris. Ah ! Tu aimerais tellement pouvoir soigner ses blessures psychologiques, mais tes cordes vocales t'en empêchent. Tu voudrais lui sauter dessus pour lui dire les quatre vérités.

Tu sens sa main posée délicatement sur ton dos se déplacer jusqu'à ton visage inondé. D'un geste protecteur, elle essuie les larmes qui coulent le long de son visage avec ses doigts minéraux. Cette douce pierre qui regorge de vie. Cette pierre qui grouille d'amour inexplicable et intériorisé. Tu sens son dos se recouvrir de milliers de petits frissons dérangeants. Tu lui caresses alors doucement le dos avec tes doigts pour la réchauffer, dans l'espoir de faire disparaître ces petits êtres gênants. Tu veux lui rendre ce qu'elle t'as offert tout à l'heure. Tu veux lui offrir le monde. Tu l'aimes tellement que tu voudrais lui faire mal. Ce sentiment, tu ne l'avais jamais ressenti. Il te fait peur. Tu te sens terriblement mal parce que tu as l'impression que tu lui en veux. Alors que c'est tout le contraire. Cette fille, c'est ton unique famille. Mieux, c'est ta raison de vivre, ton rayon de soleil. Sans elle, te ne serais rien. Rien. Tu lui dois tout. Sans elle, te ne serais même pas toi. Tu es Vous. Cette phrase tellement bizarre résonne dans ton esprit. « Tu es Vous ». C'est magnifique, mais aussi tellement effrayant. Que deviendrais-tu si jamais elle devait disparaître ? Tu ne survivrais pas. Tu veux l'avoir près des toi pour toujours.

« Merci. »

Le seul mot que tes cordes vocales arrivent à faire sortir de ta bouche sèche. Derrière ce simple mot se casse des millions de choses. Tu aimerais tellement lui dire tout ce que tu as sur le cœur, mais aucun mot ne serait assez fort pour le définir. Un simple « Merci. », fruit de toute cette force empruntée à celle que tu chéris. Tu l'avais prononcé entre deux sanglots étouffés. Tu l'avais prononcé avec tellement de force, comme un libération. Comme l'âme d'un ange qui bénit le monde, comme le paroxysme de la gratitude... Comme Ridda à Lazuli.

Tu voudrais lui sourire. Et tu le fis pour la première fois.

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Message Sujet: Re: C'est un bon début. Ou pas ? [Lazille ♥]   




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C'est un bon début. Ou pas ? [Lazille ♥]

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